Expositions photo Île-de-France Paris
Penn & Fashion
Jusqu'au 17 janvier 2027 Exposition du 30 septembre 2026 au 17 janvier 2027 · Maison européenne de la photographie (MEP), Paris
Présentation
Jusqu’au 17 janvier 2027, la Maison européenne de la photographie présente « Penn & Fashion ». L’expo rend hommage à Irving Penn, qui a profondément marqué l’histoire de la photographie de mode, notamment avec sa collaboration emblématique avec le magazine « Vogue ».
De quoi ça parle ?
L’expo se déploie avec un parcours chronologique retraçant la carrière
d’Irving Penn, de 1947 à 2008. Elle débute dans les années 1950, avec la
présentation de ses images légendaires des collections parisiennes de
haute couture, comme Dior et Balenciaga, magnifiées par les plus grands
mannequins de l’époque, tels que Lisa Fonssagrives et Jean Patchett. Dans les
années 1970, les créations d’Ungaro et de Courrèges et les tenues extravagantes
portées par Marisa Berenson ou Lauren Hutton retiennent l’attention de l’Américain, puis, la décennie suivante, celles d’Yves Saint Laurent et
Karl Lagerfeld.
Toujours fidèle à une vision exigeante, quel que soit le contexte
de la commande, Irving Penn a contribué à rapprocher l’art, la mode et le commerce
avec une maîtrise inédite. Son travail est caractérisé par une esthétique d’une
élégante simplicité.
Irving Penn, « Fashion Photograph » (Jean Patchett), New York, 1949, Nicola Erni Collection, Zug. ; Crédits : The Irving Penn Foundation
Irving Penn, « Harlequin Dress » (Lisa Fonssagrives-Penn), New York, 1950, Collection The Irving Penn Foundation , New York © Condé Nast. ; Crédits : Collection The Irving Penn Foundation , New York © Condé Nast
Irving Penn, « Yves Saint Laurent Embroidered Cubist Cape with Braque Inspired Design », Paris, 1988, Nicola Erni Collection, Zug © Condé Nast. ; Crédits : 1988 Nicola Erni Collection, Zug © Condé Nas
L’avis de la rédaction
On préfère vous le dire tout de suite : cette expo va vous pousser à
lever les sourcils, à écarquiller les yeux, à froncer le nez et à pincer les
lèvres. Irving Penn fait partie de ces photographes qui ne se contentent pas
d’immortaliser une scène, une pose ou une expression : lui cherche à
provoquer une émotion dans le regard qui contemple son travail. Dès le milieu des
années 1940, l’Américain a montré une efficacité visuelle saisissante. Cela
commence lorsqu’il s’amuse à jouer avec les éclairages et les fonds
neutres, et qu’il se débarrasse des accessoires, des décors et même des
figurants. Pour la première fois dans la photographie de mode, les séries se
lisent comme des courts métrages, mieux : des romans-photos stylisés d’une
folle modernité.
Tout au long du parcours retraçant son travail, ce qui ressort, c’est sa
capacité à laisser le blanc exprimer les détails du noir. Irving Penn fait
dialoguer les corsets et les chapeaux droits, les cols obliques et les jupes
structurées, les ceintures graphiques et le maquillage des sourcils et de la
bouche dessinés à la perfection. Mais, là où il frôle le sublime, c’est
lorsqu’il humanise ses mannequins. On y voit du Robert Doisneau – dont il a été proche durant de
longues années –, mais aussi du surréalisme – inspiré par son amitié avec le designer
Alexey Brodovitch – et de la poésie – grâce au dessinateur Moebius.
Même dans son travail d’illustration
de reportages pour Vogue dans les années 1980, 1990 et 2000, on retrouve des
codes modernes, proches de ce que l’on peut voir aujourd’hui sur Instagram. La
première nature morte « beauté », c’est à lui qu’on la doit quand il photographie le contenu d’une trousse de maquillage savamment
renversé. Plus tard, Irving Penn fera preuve d’audace en transformant la bouche
d’un mannequin en palette de peinture avec des rouges à lèvres ou en habillant
le visage d’un modèle d’un ballon de rugby archicousu pour dénoncer la chirurgie
esthétique à outrance. À première vue, on remarque donc les matières, les
textures, mais, en y regardant de plus près, ressort alors son sens de la
composition et des contrastes. De quoi nous laisser bouche bée…
Khadija M.
L’expo, majoritairement conçue à partir de collection de la Maison européenne de la photographie (Paris Centre) et de celle de Nicola Erni, est l’un des ensembles les plus vastes et remarquables consacrés à la photographie de mode, couvrant la période des années 1930 à nos jours. Réunie au cours des vingt-cinq dernières années, elle bénéficie également de nombreux prêts exceptionnels de The Irving Penn Foundation et de The Miyake Issey Foundation.